Admirablement servi par une écriture subtile et épurée, le texte nous entraine dans un double voyage, physique et intimiste.
Tom quitte son village près de Belfast pour se rendre en Grande Bretagne chercher son fils Luke : celui-ci est malade et bloqué seul dans une résidence étudiante sous une tempête de neige qui immobilise les avions et transports en commun, à la veille des vacances de Noël.
Le voilà sur la route pour un longue déambulation à travers une campagne blanche et silencieuse, propice à la divagation des pensées qui s'invitent sur le trajet, aux déambulations de l'esprit, à l'introspection…
Route, bateau, route de nouveau, ce voyage en apesanteur nous emporte par petites touches vers le tréfonds de l’âme meurtrie de Tom. Au rythme des morceaux de musique qu’il écoute et choisit avec soin, des paysages qui disparaissent sous l’épais manteau blanc et étouffent sons et sensations, les souvenirs affleurent progressivement : le prénom d’un fils disparu, la responsabilité et la culpabilité, la quête d u pardon.
Tout, dans cette histoire « ordinaire » est dit avec un admirable dépouillement pour nommer l’indicible : comment survivre sans fuir et accepter ?
Pudique et émouvant, simplement magnifique.
(Présentation Fabienne Mourice)